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Message par Invité le Lun 30 Oct 2006 - 0:46

RATIONS ET APPROVISIONNEMENT DES ARMEES NAPOLEONIENNES OU T'AS FAIM?
Par Fusilier Marc La Bréole

Bien que certaines recettes contemporaines puissent donner la nausée, l'armée britannique était comparativement le bien approvisionnée. Adye nous laisse un excellent témoinage d’une ration complète journaliére dans le chaptire, « Complete Ration of the small Species » :

Farine ou pain – 1,5 livres (0,7 kg)
Bœuf - 1 livre (0,5 kg)
ou du Porc - 0,5 livres (0,2 kg)
Haricots – 0,25 pint (0,14 litres)
Buerre ou fromage – 1 onze (30 grams)
Riz – 1 onze (30 grams)

« Lorsque cette ration ne peut pas être distribuée, on la remplacera avec soit 1,5 livres de farine ou de pain (0,7 kg), 1,5 livres de bœuf (0,7 kg) ou 10 onzes (300 grams) de porc ; Soit 3 livres de bœuf (1,3 kg) ou 2 livres de fromage (0,9 kg) ou 0,5 livres de riz (0,2 kg). »

Bien sûr, il y avait des moments ou aucune ration ne pouvait être donnée aux soldats. John Shipp decrit un repas assez typique lorsqu’il était logé chez l’habitant pendant un changement de caserne : « …une soupe de pois...avec des boulettes de pâte lourdes...des puddings pleins de gras, et des gros ragoûts fait avec les abats de la maison du dernier mois, avec une couche de gras d’une épaisseur d’un pouce sur le sommet.. »

L'alcool a été fourni, souvent dans une quantité surprenante : à bord d’un navire de la Royal Navy, explique Adye, chaque groupe de six hommes doit recevoir quatre gallons de bière, deux pintes de spiriteux ou quatre pintes de vin par le jour. Pendant la guerre en Espagne, la ration quotidienne de l'armée britannique était 1 livre (0,5 kg) de viande (os inclus), 1 livre (0,5 kg) de « biscuit » ou 1,5 livres (0,7 kg) de pain ou de riz et 1 pinte (0,5 litres) de vin ou une demie pinte (0,25 litre) de spiriteux. Le « biscuit » militaire était soit dure, soit « vivant ». La préférence était plutôt pour le biscuit dure car le biscuit vivant avait la mauvaise tendance à pourrir vite, comme le décrit Sir Charles Napier : « Nous avons des biscuits remplis de verres, et bien que je ne me considére pas un mauvais soldat, vous pouvez me pendre si j’apprécie un tel supplément. » Lorsque possible, la ration était distribuée quotidiennement car les généraux savaient bien que s’ils distribuaient de plus grandes quantités, les soldats mangeraient tout ce qu’ils pouvaient et puis vendront le reste pour s’acheter de l’alcool.

Les rations des leurs alliés portugais n’étaient pas meilleures : Avant la réorganisation administrative britannique, le soldat portugais recevait 0,25 livres (0,11 kg) de poisson et 1,5 livres (0,7 kg) de pain les Dimanches et Vendredis, et 0,25 livres (0,11 kg) de bœuf, 1,5 livres (0,7 kg) de pain et une pinte (0,5 litres) de vin le reste de la semaine. D’habitude, le poisson et la viande étaient pourris, le vin aussi et le pain cuit avec du sable pour préserver la farine !

Le Duc de Wellington avait écrit : « Aucune troupe peuvent servir à bon chose si elle n’est pas nourrit régulièrement. » Ceci était le devoir de Commissariat, qui assurait le transport des rations des dépôts jusqu’à l'armée ; En 1813, ceci est fournissait 100.000 livres (45.360 kg) de biscuit, 300 têtes de bétail et 200.000 livres (90.720 kg) de maïs pour animaux par le jour pour l'armée de Wellington.

Chaque mulet portait 200 livres (90 kg) de provisions plus sa propre nourriture pour seulement un aller-retour (en d'autres termes, assez de biscuits pour 36 hommes, de rhum pour 100 hommes ou riz pour 20 hommes pour une durée de six jours), il fallait d’énormes trains de mulets pour transporter tous cela. Les dépôts étaient idéalement situés à une distance de 4 ou 5 jours de marche de l’armée, les rations étant transportées des dépôts non seulement sur le dos des mulets ou de bœufs mais également par voies navigables. Les dépôts étaient ravitaillés non seulement par des fournitures venant de l’Espagne et du Portugal mais également par bateau transportant des cargos en provenance de la Grande-Bretagne et des États-Unis.

L’armée française utilisée l'autre méthode classique d’approvisionnement : le pillage. Cette méthode de ravitaillement augmenté la mobilité et la maniabilité de l'armée, et travaillé raisonablement bien jusqu'à ce que l’armée se trouve dans un pays stérile, à noter toutefois que même en terrain fertile, l’armée était obligée de disperser ses forces afin éviter l'épuisement total d’un secteur particulier. Pendant la guerre en Espagne et la campagne de Russie, la famine était un compagnon jamais absent des armées françaises. Le système de pillage avait aussi des inconvénients stratégiques ; bien qu'il pouvait permettre à un commandant de négliger ses lignes de communication, il avait des limites, comme le décrit Marmont : « Si l'armée marche contre Rodrigo maintenant, nous ne pourrons pas y reste plus de trois jours pour manque de nourriture. Nous ne servirons à rien car l'ennemi sait que nous ne pouvons pas y reste... »

Les Russes adopta le même système. Wilson décrit le Commissariat russe de la façon suivante : « Ceci peut être résumé en cinq mots - il y en a pas…leur ration est de la qualité la plus grossière et la plus simple, et si précaire... que la meilleure méthode de s’approvisioner, même dans leur pays, est par le pillage…lorsque les dépôts sont perdus, ou si l'armée est obligée de quitter sa caserne, chaque soldat doit faire usage des ses propres moyens afin de se nourrir... »

Donc, le soldat napoléonien était souvent sur le bord de la famine. Pendant la campagne en Pologne, les français et les russes n’avaient que de l’eau et des pommes de terre à se nourrir ; de plus, le 25 décembre 1806, le cadeau du général Lasalle au maréchal Murat fût une boulle de pain et une bouteille de vin, qui avait était envoyé de Paris par courrier spéciale ! Un soldat russe s’est plaint au Tzar en lui disant que pendant 7 jours, ses camarades et lui n’avaient mangé qu’un minable bout de viande, mélangé avec de l’eau. Dans les cas extrêmes, la folie de faim menée immanquablement à la consommation des chevaux de l'armée et, parfois, au cannibalisme. Cette dernière arriva fréquemment sur la retraite de Moscou et même en Espagne, où des paysans portugais avaient été vu en train de vendre des « tranches de porc » d'un cadavre français !

Même plus que la nourriture des hommes, l'affouragement pour les chevaux était vital pour garder une armée mobile. En campagne, un cheval pourrait porter trois jours de nourriture, le maïs dans un sac derrière la selle et le foin lancée dans des filets dans la mesure du possible. Fréquemment l'affouragement été fourni par des détachements de soldats du régiment, bien bien les britanniques utilisés les fournitures envoyés des dépôts en Espagne, un mulet portant six sacs de maïs de six jours pour trois chevaux, ce qui représent un poid supérieur à 20 livres (9 kg).

Les trains d'approvisionement étaient énormes, sans tenir compte les foules de civils qui planés autour de l'armée. Par exemple, chaque brigade britannique et chaque régiment de cavalerie en Espagne avait à peu près 150 mulets attachés à son approvisionement, pendant qu'une troupe d'artillerie de cheval est enregistrée ayant possédée soixante-et-onze mulets pour le pain, vingt-quatre pour le rhum, douze pour le riz, soixante-neuf pour l'affouragement et vingt-neuf en réserve : le total 205 mulets. Nous pouvons également ajouter les bouilloires, les magasins médicaux, les munitions, etc., plus les bagages des officiers, ces derniers sur une échelle glissante selon le rang : le lieutenant-colonel dix, le commandant sept, le capitaine cinq, le subalterne un, etc. Même avec cette énorme organisation, les trains britanniques n'ont jamais approché l'énormité de ceux qui a traîné derrière les autres armées telles que l'armée espagnole par exemple.

Sources:

The Bombardier and Pocket Gunner (1802), R.W. Adye
Brief Remarks on the Character and Composition of the Russian Army, and a Sketch of the Campaigns in Poland in the Years 1806 and 1807 (1810), Sir Robert Wilson
Cours d’instruction propre aux sous-officiers d’infanterie appelés à l’école de Fontainebleau (1814), Imprimerie Impèriale, Paris
Dispatches of Field Marshal the Duke of Wellington (1834), A. Wellesley, Duke of Wellington
Life and Opinions of General Sir Charles Napier (1857), Sir Charles Napier, London
Mémoires du Maréchal Marmont (1857), Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont
Cahiers du Capitaine Coignet (2006), Capitaine J-R. Coignet, Éditions Arléa
Mémoires du Sergent Bourgogne (2006), Adrien-Jean-Baptiste-François Bourgogne, Editions Arléa

Life in Wellington's Army (1972), A. Brett-James, London
Swords around a Throne: Napoléon's Grande Armée (1989) Colonel J.R. Etling, London
The Path to Glory (1969), J. Shipp, London
Wellington's Military Machine (1989) Philip J.Haythornthwaite, Tunbridge Wells


Dernière édition par le Mer 1 Nov 2006 - 15:08, édité 1 fois
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Message par Invité le Mer 1 Nov 2006 - 15:08

L'UTILITE DE LA MUSIQUE SOUS NAPOLEON OU LES ENFANTS D'ANTOINE
Par Fusilier Marc La Bréole

La musique jouait un rôle important pendant le 1er Empire, surtout pour les transmissions des ordres sur le champ de bataille, que ça soit le tambour d’infanterie ou la trompette de cavalerie. Pour les troupes combattant en tirailleurs ou il n’était pas possible de transmettre les ordres verbalement, l’usage du cornet ou du sifflet été vital. Il existait différents types de cornet d’infanterie, comme les grosses « waldhorns » en usage chez les armées allemandes par exemple.

Selon le manuel du capitaine Cooper (1806) : « Un bon cornet doit pouvoir être entendu à une distance de 4 kilométres. » Une grande variété de sonneries existait tel que les ordres traditionnels de « En avant », « En arrière », « Halte », « Cessez le feu », etc., mais également des sonneries plus détaillées tel que : « Pas de course », « Feu », « Déployez-vous », « Regroupez-vous », « Allongez-vous », etc., ainsi que des sonneries de service tel que « Reveille », « A l’entraînement », « Repos » et « Repas des officiers ».

Les fanfares régimentaires, entités séparée des tambours et des fifres, composé de non-combattants de l’âge de 5 ans jusqu’à la cinquataine et employés dans certaines armées diréctement par le chef du bataillon. Leurs instruments inclus des trompettes, des cors, des cornes d’harmonie et des trombones (ces derniers avec une tête de gargouille) ; des clarinettes, des hautbois, des bassons, des serpents ainsi que des fifres, des flutes et nombre de petits tambours sans oublier des tambourins, et des châpeaux chinois.

Ces trois derniers instruments étaient très souvent joués par des noirs habilles dans des costumes parfois très exotics. Les fifres et les triangles ont parfois été joués par des petits enfants, mais l’idée populaire du « petit tambour » est un mythe, la quasi-totalité des tambours (surtout dans l’armée française) étaient des adults avec plusieurs campagnes derrière eux.

La musique militaire à cette époque atteint un pic en France, Napoléon encouragant son utilisation afin de donner du courage et de l’inspiration aux soldats. Il donna LeBrun et Rouget de Lisle la tâche difficile de composer « un hymne basé sur un air familier comme celui de ‘la Marseillaise’ ou du ‘Chant du Départ’ qui doit contenir des sentiments pour toutes les circonstances de guerre. » Les tambours français battaient leurs caisses pour encourager leurs camarades pendant la marche ainsi qu’aux combats en battant le « Pas de Charge » (surnommé « Old Trousers » (Vieux Pantalons) par les Britanniques) et souvent avec pertes sévères.

Les musiciens britanniques étaient beaucoup moins combattants que leurs homologes français et, sauf quelques rares occassions (la fanfare du 48th (Northamptonshire) Foot à la bataille de Talavera, par exemple), aidés à évacuer les blessés pendant les combats. En général leur musique était moins "martiale" que celle des Français, bien que "British Grenadiers" et "Rule Britannia" soit toujours populaire.

"The Downfall of Paris" (La Chute de Paris) était universellement populaire, l’air était celui de "Ca Ira", la chanson révolutionnaire bannie par Napoléon, mais populaire avec les fanfares prussiennes, autrichiennes et russes. Selon la légende, cette chanson fût jouée pour la première fois à la bataille de Famars (1793) lorsque le colonel du 14th (Bedfordshire) britannique ordonna à ces musiciens de jouer la même mélodie que les Français afin de « les battres à leur propre chanson. »

Avec "La Carmagnole" et "La Marseillaise", "Ca Ira" était la chanson la plus populaire de la Révolution française. D'autres airs étaient "empruntés" : le 31st (Huntingdonshire) britannique jouaient un air français connu sous le nom de « Bonaparte’s March» après qu'ils ont recruté deux déserteurs français dans leur fanfare en 1813, ainsi que « Le Sentinel » : composé par un autrichien, populaire avec les Français et adoptés par les Britanniques pendant la guerre en Espagne.

Aussi bien capable de fournir de la musique appropriée pour des occassions officielles (par exemple, lorsque les musiciens du 79th (Cameron Highlanders) britannique, pour le passage du cortège du général espagnol La Romana à Cartaxo en 1811, joua l’air "To The Land of the Leal" (A la Terre des Héros), la fonction principale de la musique régimentaire était d’encourager et inspirer les hommes.

Pendant les batailles, la musique pouvait enflammer les hommes (Dans ces mémoires, Coignet remarqua que les tambours de la Garde Impériale à Austerlitz auraient pû faire avancer un paralytique) et sans doute les faire oublier momentanément les dangers qu’ils courraient; à la bataille de Geldermalsen (1795), Lord Cathcart aurait crié au colonel du 28th (North Gloucestershire) britannique au moment où son régiment s’engaga dans la bataille : "Où est votre musique, monsieur ? C’est le moment qu’elles commencent à jouer."

A la bataille de Tarifa (1811) le 87th (Prince of Wales’s Irish) britannique repoussa une attaque française pendant que leur fanfare jouait « Garryowen » et, lorsque l’attaque fût repoussée, « St-Patrick’s Day ». Plus menacant encore était l’air joué par le Liddesdale Volonteer Militia lors de leur marche pour contré l’invasion de 1804 :

« Oh wha daur meddle wi’ me ?
An’ wha daur meddle wi’ me?
My name is wee Jock Elliott,
An’ wha daur meddle wi’ me ?
»

« Oh est-ce que vous me cherchez ?
Dites, est-ce que vous me cherchez?
Mon nom est Jock Elliott,
Et est-ce que vous me cherchez ?
»

Les fanfares allemandes étaient toujours accompagniées par les chants des soldats, que ça soit sur la marche, dans le bivouac ou dans le feu de l’action. Des officiers britanniques attachés aux troupes allemandes nota avec joie le bénéfice de la musique allemande : « Ils marchaient en colonne…les hommes en tête chantaient des refrains des plus gaies…il-y-a aucun doute de ses bénéfices…C’est un de nos plaisirs d’écouter la belle musique des fanfares des troupes allemandes… »

Les chanteurs et fanfares allemandes – surtout ceux de la King’s German Legion - était les plus compétents d’Europe. La chanson popluaire était « Ein Schifflein sah ich fahren » (J’ai vu un petit bateau navigué), qui fût donné des paroles françaises et le titre de « La Parisienne » et deviendra la chanson de la révolution de 1830 avant d’être adopter par la Légion Etrangère.

Les Allemands chantaient également pendant les combats ; les Prussiens chantant l’hyme de Luther « Eine Mächtige Festung ist unser Gott “(Notre Dieu est une Forteresse Puissante) alors qu’ils se lança dans le chaos de Plançenoit. Un officier prussien présent à la bataille de Leipzig décrit comment ses hommes, en marchant vers le front, commença à chanter « Heil dir im Siegerkrantz » (Salut à Toi le Vainqueur), l’hyme nationale prussien chantait sur l’air de « God Save the Queen ». Son régiment fût attaqué par l’artillerie française, mais « … cette attaque nous obligâmes de chanter plus fort notre hymne de guerre et de la patrie… »

Les chants n’étaient pas uniquement limités aux Allemands ; à la bataille de Barrosa, le colonel Browne tenta de donenr du courage à son bataillon provisoire avec une interprétation solo de « Heart of Oak » (Cœur de Chêne). Les Espagnols marchaient avec l’aide du chant : « A la guerra, Espagnoles » ainsi que plusieurs petites chansonnettes ou « cancioneiros » qui étaient très populaire, dont une qui prennait en compte les slogans de leurs alliés et de leurs ennemis :

« Viva los Ingleses qui dicen
God damn you.
Mueran los que dicen
Sacré nom de Dieu.
»

« Vive les anglais qui disent
God damn you.
Mort à ceux qui dissent
Sacré nom de Dieu.
»

Les fanfares portugaises compagniées également leurs soldats en chanson, « Vencer o morir » (Vaincre ou mourir) était une des chansons les plus populaires.

La cornemuse était sans doute l’instrument plus approprié pour enflamer des soldats au feu. Musiciens non-règlementaires, les cornemusiers étaient recrutés par les colonels des régiments de Highlanders afin de remplir leur tradition ancestrale de d’entrainer les membres de leur clan au combat. C’est pour cette raison que les cornemusiers détestaient d’être considérés comme de simples musiciens, illustré par un highlander qui fût intégrer la fanfare d’un bataillon provisoir : « Est-ce qu’un idiot battant sur une peau de mouton prend ma droite alors que je suis un cornemusier ? »

En conséquence de ce tradition, beaucoup de cornemusiers fûent en première ligne des combats, comme George Clark du 71st (Highland Light Infantry) qui fût bléssé à la bataille de Vimiero mais continua de jouer son instrument en déclarant : « Diel ha’ my saul if ye shall want music ! » (Le Diable aura mon âme avant que je n’arréte de jouer !), ou John McLauchlan du 74th Foot, qui joua en entrant dans la brêche des murs de Badajoz ou encore Kenneth Mackay du 79th (Cameron Highlanders) qui marcha à l’extérieur du carré de son régiment à Waterloo en jouant « Cogad na sith » (Paix et Guerre).

La musique de la cornemuse enflamma les Highlanders d’aller au combat comme à la bataille de Arroyo dos Molinos, où les Français fûent misent en déroute alors qu’ils dormaient dans leurs campements en jouant « Hey Johnny Cope, are ye waukin’ yet ? » (Oh Johnny Cope, est-ce que tu te reveilles ? ». Après cette bataille, le titre de la chanson furent changées pour se moquer du général français commandant des troupes françaises à cette bataille – « Oh Monsieur Gérard, are ye waukin’ yet ? »)

N’oublions pas non plus le 92nd (Gordon Highlanders) à la bataille de Maya, enflamé par la musique de « The Haughs of Cromdale » (Les Mounts de Cromdale), attaqua et mis en déroute une force française bien supérieure à la leur. En 1806, au Cape de la Bonne Espérance, les Highlanders n’ont pas seulement joué leurs cornemuses mais ont également dansé une danse traditionnelle devant les yeux étonnés des troupes anglaises et ennemis.

Complétement différente de la musique de l’armée était celle de la marine. Au siège de San Sevastian en 1813, les marins britanniques entrachés dans les tranchés jouaient « Heart of Oak » et répondait chaque coup de canon français avec : « Jack’s Alive » (Jacques est vivant!).

Finalement, une bonne fanfare régimentaire était des plus utiles pour trouver des recrues mais sur le champ de bataille et sous le feu, il pouvait augementer le morale des soldats, que ça soit « La Marseillaise » ou « La Chanson de l’Oignon », « Heart of Oak » ou « British Grenadiers ». Comme l’a remarqué le colonel Robert E. Lee : « Sans musique, il n’y aura pas d’armée. »

Sources :

Instructions pour les Tambours et Diverses Batteries de l'Ordonnance (1774), Marguery Père
A Practical Guide for the Light Infantry Officier (1806), Captain T.H Cooper
Cahiers du Capitaine Coignet (2006), Capitaine J-R. Coignet, Éditions Arléa
Memoir of Captain A.S. Murray (1859), Sir H. Murray, London
Memoir of Colonel John Cameron (1840), A. Clerk, London
Military Memoirs of an Infantry Officier 1809-1816 (1833), Lieutenant J. Hope, London

Europe Against Napoleon (1966) Lieutenant Kretzchmer, Brett-James Publishing
Proud Heritage (1952), Lt-Colonel L.B. Oats, Nelson Publishing
Songs and Music of the Redcoats (1970), L. Winstock, London
The Antiquary (1960) Sir Walter Scott, Routeledge Kenilworth Editions
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Message par Invité le Mer 1 Nov 2006 - 15:09

LE TRAIN DES ARMEES NAPOLEONIENNES ou LES LONGUES ROUTES D'ESPAGNE ET D'ALLEMANGE
Par Fusilier Marc La Bréole

Les trains militaires étaient au début de la pèriode révolutionnaire/impèriale dépendant sur des conducteurs civils et des entrepreneurs civils de fournir et maintenir les voitures, un système affreux étant donné que les entrepreneurs et ainsi qu'une grande partie des officiers étaient enragés par une corruption étonnante. Ce système fût utilisé par la France jusqu'en 1807, les conducteurs méprisés et l'entrepreneur, la Société Breidt, surnommée « une bande de coquins » par Napoléon. Par exemple, en 1805, au lieu de fournir les trente brigades de train qu'elle avait promise, la compagnie pouvait fournir seulement six brigades, dont seulement soixante voitures fût encore disponible en décembre. Napoleon était si mal servi pendant la campagne de Eylau qu'il se débarassa de la société Breidt et créa le Corps du Train, ayant vingt-trois bataillons, possédant chacun 140 voitures, un total souvent dépassé ou pas atteint en campagne.

La Grande-Bretagne avait supplantée ses conducteurs civils avec le Royal Corps of Waggoners (Corps Royal de Conducteurs) en 1794 et dont Le Mesurier nota : « De ce corps plus on n'en dit rien, mieux on se porte, son état pitoyable est devenu proverbial dans l'Armée ; il a complètement échoué à chacune de ses tâches et devoirs et la seule trace qu'il en reste maintenant est la lourde charge sur la liste des officiers à la demi-solde. » En 1799, le Royal Waggon Train (Train Royal) fût formé, et lors de sa participation à la guerre en Espagne, fût surtout utilisé pour le transport de blessés (ses voitures étaient peu appropriées pour les routes de la péninsule ibérique), les officiers de ce corps ne reçuent des grades militaires qu'en 1810, étant considérés comme des fonctionnaires de l'Etat avant cette date; ils étaient soit des brillants gestionnaires, soit des voleurs. Bien que le commissarait était misérable dans l'Armée de Wellington, le governement britannique essaya quand même de le réduire d'avantage pendant la guerre en Espagne, Huskisson nota : « Le train est une contraite en campagne et inutile au dépôts. » mais Wellington refusa de renvoyer les deux troupes programmés à être réduites.

Le vieux système de s'approvisionner des dépôt pourrait sévèrement limiter la maniabilité d'une armée. Par exemple, avant la bataille de Valmy, les prussiens devaient s'arrêter tous les six jours afin de cuire assez de pain pour six jours avant de reprendre leur marche (ils posséderont plus tard un train plus sophistiqué qui fournissait des services tels que la poste ainsi que des tâches traditionnelles ; des détachements de « Truppentrain » était aussi détachés aux régiments de l'armée afin de conduire ces vehicules également). Napoléon a persisté avec son système de pillage jusqu'à ce qu'il retrouva un terrain stérile qui l'obliga d'écrire en février 1807 : « Les circonstances m'ont forcé à retourner au système des dépôts. » Ces dépôt stockés principalement de l'armement bien que du pain été produit pour former une réserve de nourriture prête à être consommée ; les trains étaient normalement permis de porter entre quatre et sept jours de rations de farine et de biscuit pour nourrir une armée lors qu'un combat était imminient et empêchait d'aller piller chez l'habitant. Des rations de nourriture étaient aussi portée par le soldat ; par exemple, juste avant la campagne de Russie, les soldats français ont reçus une rations de quatre biscuits de 300 grammes ainsi que 200 grammes de farine à être portés dans leurs sacs de distribution.

Piller chez l'habitant avait des avantages, mais pourrait être un désastre à une armée n'ayant pas d'expérience dans ce domaine. L'armée autrichienne en 1809 (qu'un vétéran a dit que leur train de voitures était si immense et que les officiers refusaient de se séparer de leurs petits conforts qu'ils perdaient une demi-journée de marche sur les français tous les jours) avait tentée d'imiter la mobilité française en pillant chez l'habitant ; le système fût un désastre car les autrichiens inexpérimentés à cette forme d'approvisionement non seulement mourraient de faim mais étaient incapable de se concentrer rapidement lorsque nécessaire.

Un tel système non seulement exigé la dispersion des troupes mais également une organisation moins centralisée sur les marches. Un émigré français dans le service bavarois nous décrit la marche de l'armée française de Ulm à Vienne en 1805 : “...L'armée victorieuse...avait l'air d'une armée en déroute, mais une déroute en avant...ce torrant prit la direction de Vienne, et dorénavant c'était devenu un "arrive qui peut »... »

Pourtant à la première alarme que cette masse moulante était instantanément transformée en unités militaires. Lorsque la qualité de l'armée française commença à décliner, les trainards fûent de plus en plus nombreux. Après la bataille de Eylau, 600.000 hommes étaient « absents » et en 1809 cinq cours-martiale étaient établi : « Chaque trainard qui, sous le prétexte de fatigue, quitte son corps sera arrêté, jugé par le tribunal martial, et exécuté sur le même jour ».

Malgré un nombre de règlements précisant les modèles de voiture à utiliser, beaucoup de voitures fût pris ou acheté de chez la population locale. Les britanniques étaient équipés avec des voitures en provenance de la Grande-Bretagne (peu approprié pour les routes locales), mais on dû presque entièrement dépendre sur un grand nombre charrettes portugaises tirées par des boeufs. Ces vehicules primitifs étaient péniblement lents - trois kilometres à l'heure était considéré comme une vitesse rapide - et trop petites, mais ells fûent utilisées parce qu'elles étaient plus convenables pour les routes locales et pourraient être conduites et réparées par n'importe quel paysan. Les voitures du régiment avancées dans l'ordre suivant : devant de la colonne, les boeufs destinés à fournir la viande du jour suivi par des voitures tirées par des chevaux ou des mulets. Derrière ces derniers, les charettes portugaise tirées par des boeufs suivi par des mulets portant des bouilloires et gamelles des soldats ou des tentes et finalement les voitures portant les bagages des officiers du régiment.

Le train excessif pouvait empêcher la progression d'une armée, particulièrement si les routes étaient mauvaises et/ou en cas de mauvaises conditions météologiques. Wellington avait défendu l'usage de charrettes tirées par des boeufs pour le transporter de munitions à cause des embouteillages causé par ces convois lents. En Pologne pendant la campagne de 1807, les routes étaient si détériorées en hiver qu'aucune voiture ne pouvait se déplacer sans une équipe de chevaux doublée voir triplée.

Il y avait peu d'usage de vehicules pour le transport de troupes. Lorsque les routes étaient bonnes, l'armée française utilisa ce système en quantités limitées. Par exemple, en 1805, une colonne de la Garde Impériale utilisa des voitures pour se déplacer de Paris à Strasbourg - les troupes emballées par quatre ou cinq dans les charrettes à deux-roues et par douzaine dans les voitures à quatre roues, couvrant cent kilometres par jour en changant de chevaux tout les cinq kilometres. Cette forme de transport était épuisant pour les hommes et usé l'équipement. De même, Kutuzov employa 2.233 charrettes autrichiennes à deux roues en 1805 ainsi que la réquisitionner de taxis irlandais par les Dumbarton Fencibles en 1798, courant à la bataille de Arklow.

Des vehicules ingénieux était parfois conçu en particulier pour le transport de troupes, un tel vehicule est rapporté dans le London Chronicle du 29 octobre 1796 : “...une voiture conçue pour le transport rapide de troupes d'un endroit à l'autre. C'est une voiture légère, qui porte cinquante hommes, avec leurs armes, leurs bagages, etc., tiré par six chevaux de front sur deux rangs. Cette machine est calculée de voyager sur une route aussi vite qu'une voiture d'étape : Lors des essais, elle fît le tour de St-James Park, portant son complément d'hommes, en dix minutes. Ils sont accommodés avec les sièges, un plus haut que l'autre, afin que les jambes des hommes ne se tappent pas dedans. Les armes, l'équipement, etc., sont déposés dans un genre de coffre étroite au centre du vehicule...

Cependant, en campagne, ce vehicule aurait certainement était trop encombrant.

Les traîneaus ont été utilisés pour le transport sur la neige quand disponible ; ces petits vehicules portant deux hommes et tirés par un cheval étaient beaucoup utilisés par la Grande Armée lors de la campagne de 1812 et adopta même une fonction défensif. Marbot, en démontant le 23e et 24e Chasseurs à Cheval forma une brigade traîneau, qui en formant ses traîneaus en carré la nuit devrait ressembler à un train de colons sorti d'un film de « Western », chaque homme armé avec deux fusils afin de créer un petit fort mobile qui pouvait faire face aux raids des Cosaques.

Le transport par voie maritime/fluviale était seulement utilisé lorsqu'une armée avait une dominiation incontesté de la mer (comme avait les britanniques en Espagne), ou quand les rivières et les canaux coïncidés avec la position de l'armée. Par exemple, dans 1812, Napoléon avait organisé des convois de navires pour afin d'alimenter les troupes entre Danzig et Konigsburg.

Sources:

A System for the British Commissariat (1796) H. Le Mesurier, Londres
London Chronicle, 29 Octobre Edition (1796)
Lettre de Napoléon au Maréchal Davout du 2 février (1807)
Der Krieg in Deutschland und Frankreich in den Jahren 1813 und 1814 (1817) C. von Plotho
Correspondence of Napoleon Bonaparte with his Brother Joseph (1855) SM Napoléon 1er, Londres
Campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche (1899) Charles Gaspard Louis Saski, Berger-Levrault
Mémoires des Guerres d’Allemagne (1900) Sébastien-Joseph de Comeau de Charry, Plon-Nourrit
Mémoires du Général Baron de Marbot (2001) Jean-Baptiste de Marbot, Mercure De France
Letters of a Russian Officer about Poland, Austrian Dominions and Hungary; with a Detailed Account of the Campaign of the Russians against the French in 1805 and 1806 (2005) Fedor Glinka, Alexander Mikaberidze (FINS)
Mémoires du Sergent Bourgogne (2006), Adrien-Jean-Baptiste-François Bourgogne, Editions Arléa

Napoleon and the Archduke Charles (1909) F.L. Petrie, Londres
Peninsular Preparation: The Reform of the British Army 1795-1809 (1963) R. Glover, Cambridge Publishing
Life in Wellington's Army (1972), A. Brett-James, London
Swords around a Throne: Napoléon's Grande Armée (1989) Colonel J.R. Etling, London
Weapons & Equipement of the Napoleonic Wars (1998) P.J. Haythornthwaite, Arms & Armour
Wellington’s Army in the Peninsular 1808-1814 (1977) R. Glover, Newton Abbot Publishing
Wellington's Military Machine (1989) Philip J.Haythornthwaite, Tunbridge Wells
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Message par Invité le Mer 1 Nov 2006 - 15:10

LES CORPS ETRANGERS OU LES GARS QUI PARLENT BIZARREMENT
Par Fusilier Marc La Bréole

Au sein de la plupart des armées napoléoniennes, il-y-avait un contingent d’étrangers qui servaient en tant que mercenaires, « émigrés » ou fournit par des pays vassales, comme les soldats suisses au sein de l’armée française.

De plus, il-y-avait aussi au sein d’unités « nationale » un fort pourcentage de soldats étrangers ; Par exemple, le 11e régiment de hussards et le 14e régiment de cuirassiers de l’armée française étaient néerlandais, les 7e et 8e régiments de chevau-léger-lanciers étaient polonais et le 9e allemand. Les 111e et 113e régiments d’infanterie de ligne étaient italiens, les 123e, 124e, 125e et 126e régiments d’infanterie de ligne étaient néerlandais et le 129e était allemand.

Des unités d’émigrés français servient au sein de plusieurs armées étrangéres lors des guerres de la Révolution et certains d’entre elles, augementé par le recruitement de prisoniers de guerre, mercenaires et autres servient pendant les guerres de l’Empire. L’Allemagne fournissait des troupes à plusieurs états. Il est à noter que plusieurs petits pays allemand avaient une véritable industrie de fournir des troupes en échange d’argent ; En 1793 le Hanovre, le Hesse-Kassel, le Hesse-Darmstadt, le Bade et le Brunswick avaient fournit plus de 33.750 soldats à la Grande-Bretagne. La « Légion Noire » du Duc de Brunswick avait une carrière particuliérement interéssante. Créée afin d’intégrer l’armée autrichienne, elle fût éventuellement transférée sur l’ordre-de-bataille britannique avant de combattre sous ses propres drapeaux à Waterloo.

La qualité des « corps étrangers » variée de l’excellente King’s German Legion (des allemands au service de l’Angleterre) à la racaille de grecques, serbes et albaniens du régiment de Froberg (unité britannique en service entre 1804-1807). Le fait de recruter des prisioners de guerre et des deserteurs avait un effet épouvantable sur la qualité du régiment.

Plusieurs individus servaient dans des armées étrangères : Des émigrés français, des allemands au service de l’armée russe, et plusieurs irlandais (2e/3e génération) au sein de l’armée espagnole. Cette derniére avait plusieurs régiments étrangers (irlandais, italiens, suisses, etc.) au sein de son ordre-de-bataille. La Grande-Bretagne avait beaucoup d’allemands (Georges III était Electeur de l’Hanovre) ainsi que des canadiens, des américains et des portugais.

La carrière d’un officier illustre parfaitement la fréquence que les soldats pouvaient changer d’armées. Le « Capitaine Fritz », un aristocrate Mecklenbourgois, s’engaga comme hussar prussien en 1806. Après la défaite des prussiens, il rejoina l’armée russe avant d’entrer dans la Légion Noire quand elle était en service autrichien et puis britannique. Il fût ensuite transféré à la King’s German Legion et combattu pendant la guerre en Espagne, rejoina l’armée russe pour combattre à Borodino avant de rejoindre les prussiens en 1813 ! L’histoire du général von Kruse est également interéssante. Ce général Nassaurois avait servit au sein de l’armée française en 1813 et puis contre les français à Waterloo.

L’unité ayant fait le trajet le plus impréssionant fût le 97th Regiment of Foot de l’armée britannique. Fondée dans le Tyrole pour servir l’empire autrichien, il fût capturé en Italie par les français qui les venda à l’Espagne pour un dollar par soldat ; il fût ensuite capturé par les britanniques à Mincora et entra alors dans l’ordre-de-bataille britannique sous le titre de « Queen’s German Regiment » avant de devenir un unité « nationale » !

Sources:

Aperçus sur quelques détails de la guerre (1846), Maréchal Bugeaud, Paris
Life and Opinions of General Sir Charles Napier (1857), Sir Charles Napier, London
Memoir of Captain A.S. Murray (1859), Sir H. Murray, London
Memoir of Colonel John Cameron (1840), A. Clerk, London
Military Memoirs of an Infantry Officier 1809-1816 (1833), Lieutenant J. Hope, London

Dictionary of the Napoleonic Wars (1979) Dr. D.G. Chandler, London
Europe Against Napoleon (1966) Lieutenant Kretzchmer, Brett-James Publishing
Swords around a Throne: Napoléon's Grande Armée (1989) Colonel J.R. Etling, London
The Napoleonic Source Book (1990) Philip J.Haythornthwaite, London
Weapons & Equipement of the Napoleonic Wars (1996) Philip J.Haythornthwaite, Arms and Armour Publishing
Wellington's Military Machine (1989) Philip J.Haythornthwaite, Tunbridge Wells
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Message par Invité le Jeu 2 Nov 2006 - 13:39

LES ARMES BLANCHES DE L'INFANTERIE NAPOLEONIENNE ou COMMENT COUPER UN POULET
Par Fusilier Marc La Bréole

La baïonnette
Unissant le feu offensive du fusil avec les qualités défensives de la pique, la baïonnette était considérée comme indispensable par toutes les armées, mais sa véritable efficacité devrait être soigneusement étudiée.

La baïonnette la plus répandue consistée d’une lame triangulaire à peu près 35cm de longueur, attachée à une douille cylindrique qui fixé sur le bout du canon du fusil. Bien que la cadence de feu soit peut-être ralentie en raison de la possibilité du soldat de s'empaler pendant le bourrage de la cartouche, c'était déjà une grande amélioration sur l’ancien modèle qui était fixé à l’intérieur du canon du fusil, empêchant ainsi toute possibilité de tire.

Les baïonnettes étaient tenues en place par une entaille à angle droit passant sur la prévoyance du fusil, une fixation très fragile à moins qu'un anneau soit inclus comme sur les baïonnettes françaises à partir de 1763. Bien que la baïonnette pour le fusil modèle « Richmond » de l’ingénieur Nock avait cet anneau, ce n'était qu’en 1853 que l'armée britannique ajouta finalement un anneau à leurs baïonnettes. Aussi tard que 1843, nous trouvons des fantassins britanniques recourir à l’utilisation de ficelle et de file afin d’empêcher que leurs baïonnettes soient disloquer par l’affrontement avec l’ennemi ! Quelques baïonnettes étaient attachées sur le côté du canon par des ressorts, telle que les baïonnettes de carabine allemande ou les baïonnettes-épées du Baker rifle.

Pour éviter des lourdes pertes causées par un combat de feu prolongé, beaucoup d'experts militaires de l’époque recommandés la charge à la baïonnette. En effet, la charge à la baïonnette était même affirmée comme une tradition militaire par beaucoup de nations. Mais charger un corps inébranlable de troupes avec des fusils prêts à vider, avec un espoir de réussite, était un suicide, c’est pourquoi toutes les charges à la baïonnette se faisaient sur une troupe ennemi qui avait déjà été désorganisé par des tirs et ayant souffert d’un abaissement de leur morale, lorsque la simple vue d'une masse hurlante d'hommes avançant à la baïonnette serait suffisant pour les mettre en déroute. Les corps à corps à la baïonnette, si populaire à travers le cinéma moderne, étaient extrêmement rares et lorsque un tel incident se produisait, tel que la prise des flèches de Bagration à Borodino, il devenait légendaire.

Le Général Bugeaud a écrit du compte-rendu assez vivant des sensations ressenties lorsqu’on est devant une charge britannique pendant la guerre en Espagne, tactique autant plus efficace lorsque appliqué contre un agresseur désorganisé : l'avancer de la colonne française devenait désorganisée par sa précipitation et les tirs de l’artillerie et les tirailleurs ennemis ainsi que démoralisé par l'attente du mur rouge immobile et silencieux; les français hésitaient lorsque la ligne britannique leva ses fusils dans la position de joue et “...ses feux concentrés balaya nos rangs. Décimé, nous nous sommes retourné afin de tenter de retrouver notre équilibre alors que trois acclamations assourdissantes brisèrent le silence de nos adversaires. A la troisième, ils étaient sur nous, poussant ainsi notre vol désorganisé...

Cette réalité, que la baïonnette été utilisée pour finir une action ayant déjà était pratiquement par le fusil, est soutenue par un chirurgien britannique en Espagne : “...des régiments formés en ligne et chargeant avec la baïonnette, ne se rencontre jamais et ne lutter jamais corps à corps et ceci pour la raison la plus simple, car il y a toujours un des deux protagonistes qui fait volte-face et se remplit dés que l’autre est suffisamment proche pour lui faire la malice.” Ainsi, la crainte de la baïonnette et non la baïonnette elle-même était le facteur décisif.

Il s'intéresse aussi à noter l'analyse d'un des rares combats de corps à corps, entre français et autrichiens, compilé par Larrey. Il trouva seulement cinq blessures de baïonnette contre 119 par les bals de fusils. Ceci n'est pas étonnant étant donné la mauvaise manufacture de quelques baïonnettes ; après la bataille des pyramides, par exemple, un passe-temps préféré parmi les troupes françaises était de remorquer des mameloukes morts du Nil avec des baïonnettes facilement courbé afin de ressembler à un hameçon de pêche!

L’épée d’infanterie
L'épée d'infanterie avait une double fonction. Elle servait comme une arme et comme symbole de rang pour officiers, parmi lesquels ceux des compagnies du centre et de grenadiers avaient des épées à lame droite, et ceux de l'infanterie légère des sabres courbés dans le style de la cavalerie légère.

La première épée règlementaire britannique était le « spadroon » de 1786, une arme élégante avec une lame droite et une garde d’une seule barre qui donnée guère de protection. Elle fût remplacée par le modèle de 1796 qui avait deux gardes en forme de rein, donnant une meilleur protection mais toujours pas voulu pour le combat prolongé. Le Général Mercier avait dit à son sujet que "...rien ne pouvait être plus inutile ou plus ridicule...un fardeau parfait." Le sabre courbé des compagnies des grenadiers et de l’infanterie légère est apparu (officieusement) en 1790, la garde portant souvent le symbole de la grenade ou l’insigne du cor de chasse. Cette épée devient réglementaire en 1803, mais resta impopulaire et selon Kincaid : "...était mieux calculée pour raser une les jambes d’une dame plutôt que de trancher la tête d’un français."

Au sein de l’armée britannique, il existait également plusieurs modèles régimentaires ainsi que les épées avec une garde en forme de panier portées par les régiments de Highlanders. Peu de soldats britannique portaient l'épée, uniquement les sergents et les musiciens, leurs épées étaient le sabre d'artillerie à pied à petite lame courbée et décrit en 1819 comme étant : "…très inefficace...qu'importe son usage."

Les officiers français portaient des épées à lame droite pour les compagnies du centre et des sabres courbés pour les compagnies d’élite. Les sous-officiers, grenadiers et voltigeurs portaient des sabres-briquets, une petite épée courte qui à fait son apparition au début de 1767 avec une lame légèrement courbée, remplacés par les modèls « An IX » et « An XI » avec une lame encore plus courbée.

La Prusse utilisait tellement d'épées françaises capturées pendant les campagnes de 1813-1815 que le « Nouveau sabre de Prusse » modèle 1818 était conçu sur le modèle « An XI » français. Les officiers prussiens portaient une épée du modèle « Degen » avec une lame droite et les officiers de fusiliers ayant le même modèle mais avec une lame un peu plus courbée. L’épée des soldats russes était différente de celle des autres armées en vertu de sa lame droite, bien qu'il y a de la documentation montrant l’usage d’armes françaises capturées.

Les officiers autrichiens portaient des épées à lame droite et ceux appartenant aux compagnies de grenadiers et de Jägers avaient un sabre courbé, le modèle utilisait varié selon la préférence du propriétaire. Même en 1811, alors qu’un modèle règlementaire fût établit pour les régiments hongrois, les officiers étaient permis de choisir entre une garde plaine ou décorée selon leurs goûts. Le sabre porté par les grenadiers autrichiens ne changea guère, les modèles 1777, 1802 et 1809 ressemblaient au sabre français; mais les fusiliers autrichiens portèrent un sabre typiquement allemand jusqu'en 1798, similaire au « faschinenmesser » des fusiliers prussiens, avant d’adopter le modèle français.

Les sabres des sapeurs et de l’artillerie étaient souvent similaires. L'artillerie française utilisée le glaive de 1771 avec le poigné en tête d’aigle et la lame en forme de feuille jusqu'en 1812. Les sabres de sapeurs étaient conçus pour couper du bois et aussi entant que scie, avec un bord postérieur dentelé.

La pique
Généralement porté par des troupes de seconde ligne telles que la Opolchenie (milice) russe et par la Ordenança portugais, la pique était l’équivalent de la lance pour l’infanterie. Jamais considérablement utilisé durant les guerres napoléoniens, mais une arme d'urgence facilement produite ; des milliers de piques de 8 et 12 mètre ont été produits par la France en 1792-1793, et de même par la Prusse en 1813 pour la Landwehr, remplacé le plus tôt possible par des armes à feu.

Autrement, la pique était un symbole de rang, les sergents des régiments britanniques portant l'hallebarde au moins jusqu'en 1792, remplacé par le « spontoon », un javelot de 10-mètre avec une barre transversale au dessous de la pointe afin d’empêcher une trop profonde pénétration lors des combats. Utile pour aligner les rangs, la pique privé ainsi un nombre de soldats entraînés qui aurait autrement porté des fusils de l’effectif du bataillon et était même dangereux au propriétaire. Le sergent Cooper notant un sergent qui s'embrocha sur sa propre pique en tombant sur sa crosse !

Beaucoup d'armées équipées les escortes de leurs drapeaux avec des soldats portant des piques et des hallebardes de divers genres, tels que France, plus pour l'esprit de corps que l'utilité.

L’arc
Incroyablement, l'emploi de l'arc a été sérieusement considéré en 1792 lorsque le Lieutenant-Colonel Lee du 44th Foot a exhorté le remplacement des fusils.

Ses arguments étaient valides : la précision de l'arc était aussi bien que celui du fusil, la cadence de feu quatre à six fois plus grande, l'arc ne produit pas de fumée pour masquer la cible, une « grêle » de flèches abaisse le moral de l’ennemi plus qu'une salve de fusils, n'importe quel genre de touche met un homme hors de combat au moins jusqu'à ce qu’on retire la flèche et la fabrication d’un arc et son paquet de flèches est moins cher que celle du fusil et ses cartouches. Mais l'arc était rendu inefficace par les vents forts, un archer a besoin de plus d'espace autour de lui qu'un fusilier et l'objection principale à la proposition du Lt-Colonel Lee : un soldat peut être entraîné à utiliser un fusil en quelques heures, tandis qu'un archer compétent a besoin de plusieurs années d'entraînement et un physique développé.

Néanmoins, si « la haie d'if » de Henri V avait été transporté au début du 19e siècle elle aurait certainement eu la plus longue portée de toutes les troupes d’infanterie de cette époque.

Le seul véritable usage de l'arc durant les guerres de l’Empire été limité à la cavalerie légère asiatique de l’armée russe, les bashkirs et les kalmuks. Habillé comme des réfugiés de Moyen-Age en cottes de mailles et armé avec des arcs, ils étaient considérés avec dérision par les français, qui les surnommés « les Amours », une référence à l’arme du dieu de la mythologie grécque, Cupidon.

Leur seule tactique était une charge sauvage avec une salve de flèches à la fin ; le Général Marbot se demandé pourquoi les russes utilisés de telle troupe, en disant qu'ils ne servaient uniquement à consommer des provisions qui auriez pu être donné à des troupes plus utiles. Marbot nota qu’il ne connaissait qu’un seul homme tué par cette "...arme ridicule...", bien qu'il fût lui-même blessé par une flèche bashkir de 3 mètre de long.

Sources:

The Bombardier and Pocket Gunner (1802), R.W. Adye
The Regimental Companion (1804) C. James
Memoir of Colonel John Cameron (1840), A. Clerk, London Aperçus sur quelques détails de la guerre (1846), Maréchal Bugeaud, Paris
[b]Memoir of Captain A.S. Murray (1859), Sir H. Murray, London
Mémoires du Général Baron de Marbot [/b](2001) Jean-Baptiste de Marbot, Mercure De France

Dictionary of the Napoleonic Wars (1979) Dr. D.G. Chandler, London
History of the Dress of the Royal Artillery (1999) Capitain R.J. Macdonald, London
Peninsular Preparation: The Reform of the British Army 1795-1809 (1963) R. Glover, Cambridge Publishing
Swords around a Throne: Napoléon's Grande Armée (1989) Colonel J.R. Etling, London
Swords of the British Army (1975) B. Robson, London
The Napoleonic Source Book (1990) Philip J.Haythornthwaite, London
Weapons & Equipement of the Napoleonic Wars (1996) Philip J.Haythornthwaite, Arms and Armour Publishing
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Message par Invité le Lun 4 Déc 2006 - 17:27

L’Armée Britannique sous le Premier Empire ou Les Diables Rouges (Tome #1)

L’armée britannique fût créée en 1707, avec l’unification de l’Ecosse et de l’Angleterre suite au “Union Act” qui unis les deux royaumes de façon permanente et donna naissance au Royaume-Uni de la Grande Bretagne.

Durant le règne de Oliver Cromwell, l’armée fût l’instrument de suppression et re-colonisation anglaise en Irlande. Cette armée, afin de construire un empire, fût engagée successivement contre les Pays-Bas, l’Espagne, la France, les Etats-Unis ainsi que les populations indigènes pour la suprématie de l’Amérique du Nord, l’Afrique et les Caraïbes.
Pendant les guerres napoléoniennes, la Grande-Bretagne avait une puissante flotte mais une petite armée.

Le peuple britannique se méfiait de l’armée car elle était considérée comme l’instrument du roi et pas du parlement, qui pouvait l’utiliser afin de dissoudre le parlement et rétablir un régime despotique. Il est intéressant à noter qu’avant les victoires de Wellington, l’armée britannique n’était pas considérée comme capable de battre les armées continentales et que la proposition d’envoyer une armée britannique aider les russes en 1807 fût considéré par la population comme complètement débile.

Effectifs et garnisons de l’armée britannique

Pendant les années 1790s, l’ordre-de-bataille britannique contenait :

• 30 régiments de cavalerie (3 de gardes, 7 de cavalerie, 6 de dragons et 14 de dragons légers)
• 88 bataillons d’infanterie (7 de gardes et 81 d’infanterie)
• 4 bataillon d’artillerie à pied et 1 bataillon d’invalides (chacun composé de 10 compagnies)

En Janvier 1805, l’armée britannique avait un éffectif de 161.800 soldats :

• 124.500 Fantassins
• 17.000 Artilleurs et Génie
• 20.300 Cavaliers

Le problème qui se présenté au ministre de la guerre était de savoir comment déployer ces forces pour 1) défendre le pays contre une invasion française, 2) la mise en place de garnisons afin de défendre l’empire et 3) de créer si nécéssaire un corps expéditionnaire pour intervenir sur le continent européen.

En janvier 1805, l’armée britannique était déployée de la façon suivante :

• 66.000 hommes en Angleterre;
• 34.000 hommes en Irlande;
• 22.500 dans les Indes et le Ceylan;
• 15.300 dans les Caraïbes;
• 6.500 à Malte;
• 4.500 à Gibraltar;
• 4.200 au Canada.

L’entraînement et la qualité de l’armée britannique

L’entraînement des troupes britanniques était d’un haut niveau. Les rangs étaient composés principalement de volontaires, contrairement à l’armée française qui était composée essentiellement de conscrits.

« Contrairement au soldat britannique qui reçoit un entraînement de 6 mois minimum, le soldat français après 1805 en recevait à peine 2 ou 3 semaines, se considérant chanceux s’il avait eu le temps d’apprendre les bases de son maniement d’armes. »

Cette différence d’entraînement est certainement plus liée au fait que la France n’avait pas de barrière naturelle comme la Manche pour la protéger de ses ennemis et devait toujours avoir des énormes armées sur les divers champs de bataille qu’autre chose. Les guerres s’enchaînaient une après l’autre sans avoir assez de temps pour pouvoir offrir à ses soldats un entraînement de cette qualité. Voici ci-dessous une liste du nombre de cartouches que chaque soldat disposé lors de son apprentissage au tire du fusil :

• « Rifles » britanniques – 60 cartouches et 60 « à blanc » par homme
• Schutzen et Jagers prussiens – 60 cartouches par homme (1811-1812)
• Infanterie légère britannique – 50 cartouches et 60 « à blanc » par homme
• Infanterie prussienne – 30 cartouches par homme
• Infanterie britannique – 30 cartouches par homme
• Infanterie autrichienne – 10 cartouches par homme (1809)
• Infanterie française – 6 cartouches et 3 « à blanc » par homme (1805)
• Infanterie russe – 6 cartouches par homme

Le plus haut niveau d’organisation militaire en Grande-Bretagne était celui du régiment. L’esprit de corps fût garanti en honorant la tradition de chaque régiment, ainsi qu’une réputation du soldat britannique pour le courage et la ténacité au combat. La discipline et le courage de l’armée britannique étaient reconnus mondialement.

« Quoique sévèrement engagé dans la bataille, je me décidâmes de suivre leurs mouvements. Le 88th Foot reçu l’ordre de se déployer en ligne tout en continuant de marcher vers leurs adversaires, qui semblaient les attendre avec beaucoup de sang froid. Lorsqu’ils s’approchèrent de 300 ou 400 pieds de leurs lignes, les français tira une salve et puis commença un feu roulant de droite à gauche. Dés que le premier régiment britannique s’avait remis du choc de la salve, et remplit les vides laissés dans leurs rangs, ils commençâmes à marcher au pas accéléré jusqu’à ce qu’ils se trouvaient à 50 pieds de la ligne adverse ou ils s’arrêtâmes, lâcha une salve et puis, sans une pause, cria un grand ‘Huzza’ avant de charger. Les français étaient en train de recharger leurs armes mais, la rapidité de l’attaque britannique n’ayant pas laissé le temps de finir leur manipulation, se retourna et regagna le village dans un ‘arrive qui peut’ ».

Bien que l’armée britannique était une des meilleures armées européennes et connue de nombreuses victoires, elle a également connue la défaite.

Entre 1700 et 1815, les britanniques fient battus par les français dans une soixantaine de batailles, ils étaient battus lors de la guerre d’indépendance de l’Amérique ainsi qu’obligé de se rendre au siège Saratoga entre 1775-1783. Durant la campagne dans les Pays-Bas entre 1793-1794, leur corps expéditionnaire attirait des critiques de la part de leurs alliés :

«…l’épouvantable conduite de leurs officiers, laissant leurs hommes à leurs propres moyens, et l’amour qu’ils avaient pour le goût du vin. Cette armée est une honte. Leurs manœuvres et maniments d’armes dataient de vieux règlements depuis dépassé, les bataillions sont de la pire qualité… »

La guerre en Espagne n’était pas une campagne éclaire. En 1809, le corps expéditionnaire britannique sous les ordres de Sir John Moore abandonna la péninsule aux abois de l’armée française. Dans leur précipitation de quitter le pays, les soldats britanniques abandonnèrent les chariots remplis de blessés et de mourrant sur le bord des routes.

« La route était semée sur des kilomètres par des armes, havresacs, gibernes et autres matériel abandonnés ainsi que par les morts et les blessés. »

Il est intéressant à noter que l’historien britannique, Jac Weller, ne considère pas les batailles de Wellington en Espagne comme des « grandes victoires ».

A Salamanque, Wellington n’arriva pas à exploiter sa victoire et l’ennemi à pû s’échapper. Aux batailles de Fuentes de Onoro et Talavera, il était à deux doigts du désastre. Pour les français, la bataille de La Corogne est une victoire, les britanniques la réclame comme leur victoire mais les espagnols considèrent cette bataille comme une victoire française. La majorité des sièges de Wellington fût un échec et, pour le cas de celui de Burgos, une défaite très coûteuse.

Les généraux français avaient une bonne opinion des troupes de Wellington. Le général Maximilien Foy écria ceci à leur sujet :

« Leur talent et leur intrépidité est navigant sur les océans à toujours était inégalé. Leur nature fébrile et leur amour de voyager font d’eux des excellents candidats pour le métier de soldat, et ils possèdent une très grande qualité sur le champ de bataille – le sang-froid. La gloire de l’armée britannique est principalement basée sur une excellente discipline, et le sang-froid et courage robuste de son peuple. En vérité, nous ne connaissons aucune autre armée qui est plus disciplinée…En conclusion, il peut être dit que l’armée anglaise dépasse toutes les autres nations du monde en terme de discipline ainsi que quelques particularité de l’organisation militaire interne… »

Mais l’armée britannique fût aussi une des armées les plus lentes d’Europe, sauf probablement pour la Light Division et la cavalerie. Le général Thiebault écrit que la dispersion de l’armée française en Espagne la mettait dans une situation désespérée mais que la lenteur de mouvement de l’armée britannique la sauva à moult occasions. Le soldat français savait comment faire pour s’approvisionner sur le terrain – bien que cela l’attire les foudres violentes de la population locale. Wellington avait écrie :

« Cela est surprenant que l’ennemi a réussi de rester aussi longtemps dans ce pays. Avec toute notre argent, notre système de ravitaillement et nos contacts dans ce pays, je peux vous assurer que je ne pouvais pas garder une division au-delà de deux mois dans un endroit ou ils en arrivent à garder 60.000 hommes et 20.000 animaux pendant la même durée. »

Le professeur Barbero ira jusqu’à écrire : « Contrairement aux français, les Alliés (surtout les britanniques) particulièrement incapable de survivre sans leur système de ravitaillement. Mais lorsque les rations fût réduite momentanément, l’indiscipline augmenta d’une façon radicale. Durant les dures journées après la bataille de Talavera par exemple, les divisions du Wellington ont eu beaucoup de mal à garder leur cohésion et même plus tard pendant la campagne de Waterloo en 1815, nous trouvons Wellington avouer à ses alliés prussiens : "Je ne peux pas me séparer de mes tentes ou de mon ravitaillement. Mes troupes doivent être bien nourries et bien logées…’ A la fin de la bataille de Waterloo, Wellington et Blücher décidâmes ensemble que ça serait les prussiens qui effectueront la poursuite des français. Cette décision est souvent expliquée en citant la fatigue de l’infanterie de Wellington mais les troupes de Blücher étaient certainement aussi très fatiguées. Cette décision à certainement plus liée à la façon lente que les britanniques avaient l’habitude de manœuvrer."

Nous pouvons constater que lors de la campagne de 1815, les prussiens arrivaient à rassembler les ¾ de leurs soldats lors des premiéres journées de combats alors que Wellington arrivait uniquement à rassembler 1/3 de son armée. L’officier prussien détaché auprès de l’état-major de Wellington, le major Müffling demanda à Wellington pourquoi les britanniques étaient si lents. La réponse fût claire et precise:

“N’insistez pas sur ce point car je vous dis qu’il n’est pas possible de faire autrement. Je ne peux pas abandonner mes tentes et mes rations. Je dois garder mes hommes dans leurs campements et les ravitailler afin de maintenir l’ordre et la discipline. »

John Mills, un officier servant au sein du Regiment of Coldstream Guards nous raconte: “Les français sont habitués à marcher partout et à tout moment, qu’importe la météo alors que nous avons du mal à faire la moité de leurs efforts sans perdre des centaines de soldats sur les bords des routes… »

Laissons le dernier mot pour cette première analyse de l’armée britannique à Major Putnam, qui en 1855 décria le soldat britannique de la manière suivante :

“Bien que maladroit, bête et inutile qu’il soit lorsqu’il est demandé de survivre par ses propres moyens ou lorsqu’il doit combattre en tant que tirailleurs, le soldat britannique est supérieur à tous les autres soldats du monde par son comportement en masse dans une bataille rangée…C’est ces qualités de ténacité et fermeté en attaque et en défense qui l’a sauvée moult fois de la défaite bien qu’elle soit handicapée par l’incapacité de ses officiers, l’absurdité de son administration et la maladresse de ses mouvements »

Sources:

Clerk, A. Memoir of Colonel John Cameron (1840) London
Fortescue, J.W. Fortescue's History of the British Army – Volumes VII, VIII, IX and X (2006) Naval & Military Press Ltd.
Foy, Maximilien Sébastien. Histoire de la Guerre de Peninsule sous Napoléon (2001) Adamant Media Corporation
Hope, J. Lieutenant. Military Memoirs of an Infantry Officier 1809-1816 (1833) London
Napier, Charles (Sir). Life and Opinions of General Sir Charles Napier (1857) London
Thiébault, Paul Charles François. Mémoires du général Bon Thiébault (2005) Adamant Media Corporation
Wellesley A. (Sir), Duke of Wellington. Dispatches of Field Marshal the Duke of Wellington (1834) London

Adkin, Mark. The Waterloo Companion: The Complete Guide to History’s Most Famous Land Battle (2002) Stackpole Books
Chandler, Dr. D.G. Dictionary of the Napoleonic Wars (1979) London
Chartrand, René et Embleton, Gerry. British Forces in North America 1793-1815 (1998) Osprey Publishing
Haythornthwaite, Philip J. Wellington’s Infantry 1 (1981) Osprey Publishing
Haythornthwaite, Philip J. Wellington’s Military Machine (1988) Tunbridge Wells
Hofschroer, Peter. 1815, The Waterloo Campaign: The German Victory (1999), Greenhill Books
Hofschroer, Peter. 1815, The Waterloo Campaign: Wellington and His German Allies (2006) Greenhill Books
Glover, M. Wellington’s Army in the Peninsula 1808-14 (1977) Newton Abbot Publishing
Glover, R. Peninsula Preparation: The Reform of the British Army 1795-1809 (1963) Cambridge Publishing
Muir, Rory. Salamanca 1812 (2001) Yale University Press
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Message par Invité le Jeu 15 Fév 2007 - 10:17

LE SERVICE DE SANTE AUX ARMEES ou JE PRENDS MES CHANCES AVEC DIEU
Par Fusilier Marc La Bréole

Pendant les guerres napoléoniennes, la science de la médecine était assez limitée, les méthodes de traitements primitives et l'hygéne inexistante. Toute blessure , qu'importe sa taille, pouvait amener un homme à la mort par la négligeance ou la gangrène, avec l'amputation un reméde universel. En parlant de ceux qui avaient subis des blessures sévères, un chirurgien britannique avait écrit : “...Une simple inspection de leurs blessures, avec quelques mots de consolation, ou peut-être un peu d'opium, était tout ce qui pourrait être recommandé..."

La maladie était une plus grande menace que le combat. Entre 1793 et 1797 dans les Caraîbes, 80.000 troupes britanniques sont mortes par la fièvre. En 1811, la Grande-Bretagne a perdu 22.953 hommes; de ceux-ci, quelques 2.000 ont été tués au cours de la guerre en Espagne et 100 au Java, avec 4.000 blessés en Espagne et 15.000 mourant ailleurs ou sont rendus infirme par la maladie. En 1807, sur 196 soldats français amenés à l'hôpital, seulement 47 été dûs à des blessés. Incapable de déterminer la cause des maladies, les autorités médicales ne savaient pas comment les combattre; lorsque le Médecin-Général des Armées britannique a été demandé d'examiner l'épidémie à Walcheren, en 1809, il déclina car il “...n'était pas familier avec les maladies des soldats dans les camps et les cantonnements."

Les « remèdes » proposés inclus des saignées, verser 25 seaux d'eau froide d'une fenêtre du troisième étage d'une maison sur un homme souffrent du paludisme, ou encore le « remède » prescrit par un médecin bavarois : “...vivre pleinement votre vie et prendre au moins deux bouteilles de Madère par le jour."

La France possédée le service de santé le plus éclairé du monde grâce à plusieurs chirurgiens éclairés comme Pierre François Percy et, en particulier, Dominique Jean Larrey, le chirurgien-en-chef de la Garde Impérial et peut-être le plus grand humaniste de l'âge. La ferveur de la Révolution française avaient fermées toutes les écoles de médecine sous prétexte qu'elles étaient élitistes et les établissements d'apprentissage qui devaient les remplacés n'étaient pas à la hauteur. Il fallait dépendre sur les talents et les qualités de quelques chirurgiens extraordinaires comme Larrey, Percy et René Desgenettes dit le Baron des Genettes jusqu'à ce que les anciennes écoles fûent réouvertes en 1803.

L'éfficacité du traitement des blessés était dépendant sur l'évacuation des patients du champ de bataille dans les délais les plus brefs. Ceux-ci étaient transporter sur des charrettes ou des fourgons qui pouvaient prendre 24 ou 36 heures pour amener leur passagers à l'hôpital le plus proche. En 1793, Percy a commencé à envoyer des chirurgiens à cheval au front, et a conçu en 1799 un caisson à 4-roues avec un couvercle rembourré au on pouvait installer jusqu'à huit infermiers, afin de traiter les hommes diréctement sur le champ de bataille. En Egypte, les blessés français sont évacués avec l'aide de panniers portés sur le dos de chameaux ou de dromadaires. Il fallait attendre que Larrey inventé ses ‹ ambulances volantes ›, des voitures de deux ou quatre roues avec des toits, pour que l'évacuation rapide des blessés aux hôpitaux soit une possibilité. Hélas, elles ne fûent jamais produites en nombre suffisant pour achever un vrai résultat et c'est uniquement la Garde Impèriale qui était les premiers à utiliser cette invention au détriment des troupes de la ligne.

En 1797, Larrey organisa des trains d'ambulances. Chaque ambulances comprennait 340 hommes divisés en 3 divisions de 113 hommes avec un chirurgien-en-chef. L'effectif d'une ambulance comprennait un chirurgien-major, 14 assistants-chirurgiens, 4 hommes attachés auprès de quartier-maître, un lieutenant de gendarmerie, 6 sous-officiers, 2 musiciens, 12 infermiers montés et 24 infermiers à pied, 8 voitures à 2 roues et 4 voitures à 4 roues avec leurs conducteurs, 1 fourgon avec 4 sous-officiers, un trompette et 20 infermiers.

Ces trains étaient uniquement effectifs au sein de la Garde Impèriale mais nous pouvons constater les bénéfices d'une intervention et évacuation rapide de ces ambulances par les chiffres donnés des blessés de subis par la Garde lors des batailles de Aspern-Essling et Wagram: Sur 1.200 blessés, 600 ont pûs rejoindre leurs régiments au mois d'août, 250 fûent rapatriés et seulement 45 sont morts. Hélas, en dehors de la Garde, le problème d'évacuation des blessés resta intact. Pour la campagne de 1812, Larrey fût nommé commandant de tout le service de santé de l'armée mais le personnel et l'équipement mis à sa disposition était tellement faible que dans les 24 heures suite à la bataille de la Moskova, Larrey lui-même à dû pratiquer 200 amputations. En 1813, la situation était tellement chaotique que Larrey fût obligé d'évacuer les blessés du champ de bataille de Bautzen avec des brouettes remplies du paille.

L'armée britannique possédée un petit nombre de chirurgiens-en-chef qui avaient pour mission de superviser l'état des hôpitaux militaires et puis des chirurgiens attachés à chaque régiment, au nombre de 1 chirurgien et 2 assistants par bataillon. Comme partout, l'évacuation des blessés se faisait par charrettes ou fourgons tellement mal-équippés que le voyage pouvait achever la moitié des patients avant d'arriver à l'hôpital! Le Duc de Wellington n'organisait jamais l'évactuation des blessés de son armée car il estimait que les véhicules détachés à ce service encombrés les routes prévu pour les trains de ravitaillements de son armée et les hôpitaux de campagne installés à la place ressemblaient à des abatoirs. Il n'est pas surprenant de savoir que lorsque Harry Smith, un officier du 43rd Regiment of Foot, voyaga à Lisbonne pour retirer une balle logée dans sa jambe en 1810, les chirurgiens de son régiment l'ont conseillés de garder sa patte folle plutôt que de risquer une extraction de la balle!

Le manque de connaissance médicale, de soin et d'interet ont tous contribués à faire que la note du boucher des guerres de l'Empire était beaucoup plus grande qu'elle aurait dû être. Même aujourd'hui, des grands humanistes comme Larrey reste presque inconnu alors que les instigateurs du carnage ont été presque immortalisé.

L'auteur souhaite terminer cet article avec une remarque de Percy en 1799 : « On aurait crû penser que les malades et les blessés cessaient d'être des hommes quand ils ne pouvaient plus être soldats ».

Sources:

de Chamberet, Joseph Tyrbas. Mémoires d'un médecin militaire aux XVIIIe et XIXe siècles (2002) Christian
Cooper, J.S. Rough Notes of Seven Campaigns in Portugal, Spain, France and America (1869) Londres
Costello, E. Memoirs of Edward Costello (1857) Londres
Lawrence, W. The Autobiography of Sergeant William Lawrence (1886) Londres
Leslie, Colonel. Military Journal of Colonel Leslie of Balquhain (1887) Aberdeen
Napier, Sir Charles. History of the War in the Peninsula (1832) Londres
Percy, Pierre-François. Journal des Campagnes de Baron Percy (2002) Tallandier

Chandler, Dr. D.G. Dictionary of the Napoleonic Wars (1979) Londres
Glover, M. Warfare in the Age of Bonaparte (1980) Newton Abbot
Glover, M. Wellington's Army in the Peninsula 1808-1814 (1977) Newton Abbot
Haythornthwaite, Philip J. The Napoleonic Source Book (1990) Tunbridge Wells
Haythornthwaite, Philip J. Weapons & Equipement of the Napoleonic Wars (1996) Arms and Armour
Richardson, R.G. Larrey: Surgeon to Napoleon's Imperial Guard (1974) Londres
Rogers, Colonel H.C.B. Napoleon's Army (1974) Londres
Marchioni, J. Place à monsieur Larrey chirurgien de la Garde Impèriale (2003) Actes-Sud
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Message par Invité le Jeu 15 Fév 2007 - 10:18

LES EMPLOIS DES FEMMES AUX SEIN DES ARMEES DU 1ER EMPIRE ou LA FIN DU MYTHE DE LA BOBONNE/CANTINIERE DE SERVICE
Par Fusilier Marc La Bréole

Contrairement à une idée reçue, la place des femmes au sein de l’armée française est strictement règlementée et contrôlée et pour des bonnes raisons, sans une gestion de la présence de ces personnes, elles deviennent un troupeau incontrôlable pour l’administration militaire ainsi que l’efficacité et l’approvisionnement des soldats.

Dés la Révolution, le besoin de règlementer la place des civils au sein de l’armée se fait sentir. Une lettre de Defrenne adressait au ministre de la guerre en 1793 écrit : « La grande quantité de femmes qui suivent l’armée est effrayante. Ce sont autant de bouches infiniment coûteuses à la République. Nos soldats s’en ressentent, s’énervent et finiront par n’être plus propres à rien, si l’on ne prend pas sur cet objet des mesures convenables aux circonstances. » Même Carnot, l’organisateur de la victoire, écrit à son tour : « Un fléau terrible détruit nos armées ; c’est le troupeau de femmes et de filles qui sont à leur suite ; il faut compter qu’il y en a autant que de soldats ; les casernes et les cantonnements en sont engorgés ; la dissolution des mœurs y est à son comble…il est instant que vous faissez sur ce point une loi de la plus grande sévérité. »

Les témoignages des conventionnels en mission au sein de l’armée et des commissaires du Comité du Salut Public rejoignent les lettres de Carnot et Defrenne : les femmes gênent la marche des troupes, consomment leurs rations et elles sont trop nombreuses. Devant de telles preuves, la Convention est contrainte à légiférer et un texte est publié le 30 avril 1793 : « Décret pour congédier des armées les femmes inutiles. »

L’article premier de ce texte impose que toutes les femmes inutiles au service des armées seront congédiées des cantonnements et camps sans exception. Le deuxième article stipule que seules les femmes employées au blanchissage et à la vente des vivres et boissons seront retenues. Par les articles 3 et 7, le nombre de blanchisseuses et est limité à quatre par bataillon (soit 4 pour 1.000 hommes) et autorisées de faire ce service grâce à une lettre du chef de corps visée par le commissaire des guerre et porteront une marque distinctive. Sans cette lettre ou cette marque distinctive, les articles 4 et 8 donnent les pouvoirs au chef de corps d’expulser ces femmes des campements et des camps. Les femmes des officiers généraux et de tous les officiers sont également comprises dans cette expulsion comme le souligne l’article 5. Celles qui s’obstinent à ne pas partir risque une peine de prison par l’article 6. Il est ordonné aux vaguemestres et voituriers, par l’article 9, de ne recevoir dans leurs voitures que les femmes en règle avec les articles 3 et 7. L’article 10 demande à l’accusateur militaire, la gendarmerie et les commissaires de guerre de veiller à l’exécution de cette loi et finalement, les articles 11 et 12 prévoient une indemnisation pour que les femmes des militaires et n’ayant pas étaient retenues au service de l’armée afin de regagner leurs domiciles.

Donc, de cette loi, il n’existe que 2 types de femmes au sein de l’armée française : la blanchisseuse, qui est chargée du nettoyage des chemises, caleçons, mouchoirs, guêtres et pantalons des soldats et la vivandière, qui est chargée de vendre des vivres et des petits objets comme du papier, des lacets, du vinaigre et de l’eau-de-vie.

Mais est-ce que le décret est appliqué ? Il suffit de lire les rapports des commissaires de guerres et des chefs de corps pour affirmer que le décret est bien appliqué. Un mois est nécessaire pour choisir blanchisseuses et vivandières, préparer les commissions et établir les marques distinctives. Cette marque distinctive consiste d’une médaille en cuivre portant à l’avers les inscriptions : « Femme de troupe autorisée par la loi du 30 avril 1793 » et au revers : « République française ». Cependant, et pour une raison inexplicable, l’armée de Moselle décide de prendre comme marque distinctive une plaque en fer blanc sur le bras gauche avec l’inscription : « Blanchisseuse (ou vivandière) de tel régiment »

Cependant, le ministre de la guerre et les représentants du peuple aux armées chargés de veiller l’application du décret remarquent que certains officiers avaient trouvé un moyen pour détourner la loi. Afin de retenir leur femme dans les campements, ces officiers les déclarent vivandière ou blanchisseuse. Afin de remédier cet abus, un nouveau arrêt du 14 janvier 1795 prescrit que « …les Conseils d’Administration seraient tenus de les choisir seulement parmi les femmes de volontaires et de sous-officiers. » Grâce à cette législation supplémentaire, la situation est rectifiée et le nombre de femmes à l’armée décroît rapidement au niveau de ce qui est prescrit par la loi de 1793.

En 1800, l’arrêt consulaire du 7 thermidor vient renforcer la législation de 1793 et 1795. Cet arrêt confirme que le nombre de femmes à la suite de l’infanterie ne changera pas mais les régiments de cavalerie se voient autorisés d’inclure 2 femmes (une blanchisseuse et une vivandière) par escadron, soit 8 femmes pour les 600 cavaliers du régiment. Il réaffirme que seules les femmes réellement employées au blanchissage et à la vente de vivres et boissons seront admises à l’armée, sélectionnées par les épouses de soldats ou de sous-officiers « reconnues les plus actives, les plus utiles aux troupes et celles dont la conduite et les mœurs sont les plus régulières. » Les femmes choisies reçoivent une carte de sûreté contenant son nom, âge, profession et signalement de la part de l’inspecteur aux revues et une médaille en cuivre selon le décret de 1793.

La législation reste inchangée jusqu’en 1809, lorsqu’un règlement provisoire pour le service des troupes en campagne entre en vigueur. Le quatrième titre de ce règlement traite des « Vivandiers, blanchisseuses et marchands à la suite de l’armée. »

L’article premier établit qu’à la suite du grand quartier général un vivandier et deux blanchisseuses et chaque quartier général des corps d’armée aura un vivandier et deux blanchisseuses. L’article 2 prévoit un vivandier à la suite de chaque état-major de régiment d’infanterie et deux blanchisseuses et deux vivandiers par bataillon. Pour les troupes à cheval et l’artillerie légère, un vivandier sera attaché à l’état-major du régiment et un vivandier et une blanchisseuse par escadron. L’artillerie à pied, le génie, les sapeurs, les mineurs et le train d’artillerie auront un vivandier et deux blanchisseuses. Il est prévu que chaque femme aura une patente imprimée sur du papier délivrée et enregistrée par le prévôt ainsi qu’une plaque de forme ovale autour de leurs cous avec comme inscription : « blanchisseuse/vivandière», l’armée ou elles servent (armée l’Allemagne, armée d’Hanovre, etc.) et le numéro d’enregistrement de leurs patentes. Le troisième article prévoit que le commandant de la gendarmerie recevra les candidatures des personnes voulant exercer une profession à la suite de l’armée et distribuera les patentes. Les poids, les mesures en vigueur au sein de l’armée est fixé par l’article 4, qui demande au commandant de la gendarmerie de s’assurer que les marchands observent cet article tant dis que dans l’article cinq, il doit montrer l’endroit ou chaque marchand ou vivandier l’endroit ou il pourra s’établir. L’article 6 défend à toute personne de n’exercer aucune violence envers les marchands. Enfin, les articles 7 et 8 défendent au vivandier de servir à boire après la retraite ou que les soldats introduisent des filles de joie au sein du campement.

Un ordre du jour datant du 6 septembre 1809 ordonne aux conseils d’administration des corps de toute arme de dresser un état nominatif des personnes choisies en qualité de vivandière ou blanchisseuse, contenant les noms, prénoms et signalements des personnes choisies.

Avec l’incorporation de régiments étrangers au sein de l’armée impériale, la situation se complique un peu. Bien que l’administration militaire arrive à faire respecter la législation au sein des régiments français, elle ferme plus ou moins les yeux concernant les femmes au sein des régiments étrangers. Par exemple, le directeur général des revues signale au ministre de la guerre que lors de la revue du 1er bataillon du 2e régiment d’infanterie hessois en août 1807, il fût noté que le bataillon comptait 53 femmes à sa suite et qu’un régiment westphalien était dans le même cas. Hélas, le ministre de la guerre n’a pas pût faire respecter la loi française car la réglementation hessoise et westphalienne dans ce domaine étaient bien différentes de celle en vigueur en France.

Au sein de l’armée britannique, chaque compagnie pouvait prendre 6 femmes en campagne avec elle. Ces femmes, choisies parmi les épouses des soldats et sous-officiers de la compagnie sur le quai du port d’embarquement de la compagnie le jour de son embarquement, pouvaient suivre la compagnie et vivre au sein de leur campement mais ne pouvaient pas toucher ni ration, ni solde de la part de l’établissement militaire. Cependant, elles pouvaient se faire de l’argent en proposant de s’occuper de la blanchisserie et de la cuisine de la compagnie par exemple.

Sources :

Service Historique de l’Armée de Terre : Cartons Xr 48 et 49, Xs 11 et 12.
Bulletin des Lois (An VIII)
Journal Militaire (An VIII)
Décret pour congédier des armées les femmes inutiles (1793)
Règlement de campagne de l’armée des Alpes (1793)
Arrêt du 14 janvier 1795
London Chronicle, 10 December 1795 edition
Arrêt Consulaire du 7 thermidor An VIII (26 juillet 1800)
Règlement provisoire pour le service des troupes en campagne (1809)
Blaze, Capitaine Elzéar. Life in Napoleon’s Army : The Memoirs of Capitain Elzéar Blaze (1995) Greenhill Books
Coignet, Capitaine J-R. Cahiers du Capitaine Coignet (2006) Éditions Arléa
Bourgogne, Adrien-Jean-Baptiste-François. Mémoires du Sergent Bourgogne (2006) Editions Arléa
de Marbot, Jean-Baptiste. Mémoires du Général Baron de Marbot (2001) Mercure De France
Bell, Major-General Sir George. Rough Notes by an Old Soldier (1867) London
Lawrence, W. The Autobiography of Sergeant William Lawrence (1987) Cambridge Publishing
Bragge, Captain. W. The Letters of Captain William Bragge (1963) Cassel Editions

Chandler, Dr. D.G. Dictionary of the Napoleonic Wars (1979) London History of the Oman, Sir Charles. Peninsula War (1902) London
De la Barre-Duparcq, E. Histoire militaire des femmes (1873) Paris
Brice, R. La femme et les armées de la Révolution et de l’Empire 1792-1815 (1914) L’Edition Moderne
Danzer-Kantof, B. La vie des français au temps de Napoléon (2003) Editions Larousse
Baldet, M. La vie quotidienne dans les armées de Napoléon (1964) Paris
Haythornthwaite, P.J. The Napoleonic Source Book (1990) Tunbridge Wells
Hennet, L. Vivandières et Blanchisseuses (1912) Carnet de la Sabretache
Marand-Fouquet, C. La Femme au temps de la Révolution (1989) Editions Stock
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